Christophe Castaner veut renforcer le suivi de la radicalisation en France
PARIS (Reuters) – Le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner, sur la sellette depuis l’attentat de la préfecture de police de Paris, s’est prononcé lundi pour le signalement automatique de tout fonctionnaire dès qu’un soupçon de radicalisation pèse sur lui.
Le parquet national antiterroriste a fait état samedi de témoignages de policiers selon lesquels Mickaël Harpon, qui a assassiné quatre de ses collègues – trois hommes et une femme – jeudi à l’arme blanche, aurait justifié les attentats de Charlie Hebdo en 2015 et d’autres exactions commises au nom de l’islam.
Un rapport de la direction du renseignement de la préfecture, remis samedi à Christophe Castaner et que Reuters a pu consulter, indique que ces éléments avaient été rapportés verbalement à la « hiérarchie intermédiaire » mais n’avaient pas fait l’objet d’un signalement écrit.
« La première faille de notre système c’est qu’il n’y ait pas eu de signalement et surtout que celui-ci n’ait pas été automatique. (…) Je souhaite que toute alerte fasse l’objet d’un signalement automatique », a déclaré le ministre de l’Intérieur sur France Inter.
« Personne n’avait pensé qu’il fallait examiner le dossier avec une plus grande attention », a-t-il regretté.
A la suite des attentats de 2015, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, avait créé un Etat-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT) pour suivre les individus signalés pour radicalisation via un Fichier de traitement des signalements, de la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).
L’objectif de cette structure nouvelle était de faciliter des retraits d’agréments et de « cartographier » les risques propres à l’exercice de métiers sensibles : sécurité, transports, éducation, jeunesse, sites industriels…
Selon Christophe Castaner, une vingtaine de personnes ont ainsi été « écartées » depuis 2016.
PAS DE « SYSTÈME ORGANISÉ »
L’auteur de l’attaque jeudi dernier était habilité « secret défense », habilitation réexaminée en 2013 et qui devait être renouvelée en 2020. Mickaël Mickaël Harpon n’avait donc pas encore été soumis aux nouvelles procédures de vérification, plus poussées, instaurées en 2017.
« C’est le point le plus grave parce qu’il est chargé de la maintenance informatique. (…) Vous allez sur les disques durs, sur les logiciels, vous pouvez prendre connaissance, peut-être extraire, peut-être donner à d’autres », a souligné sur franceinfo le sénateur (Les Républicains) Christian Cambon, président de la délégation parlementaire du renseignement qui auditionnera le ministre de l’Intérieur mardi.
Christophe Castaner, qui sera également entendu jeudi par le Sénat, a dit ne pouvoir répondre sur l’éventualité d’une complicité ou d’un réseau auquel aurait appartenu Mickaël Mickaël Harpon, converti à l’islam depuis une dizaine d’années.
A ce stade, « je ne peux vous garantir qu’il n’a pas utilisé ses accès pour donner des informations » mais pour l’heure l’enquête « ne permet pas de présumer que ce serait un système organisé », a-t-il indiqué sur France Inter.
Des syndicats de police mettaient en cause lundi la « responsabilité de certaines autorités de l’époque » à la Direction du renseignement de la préfecture de police.
Elles « n’ont pas pris la mesure de la gravité de ce que certains de nos collègues ont pu rapporter », a dit sur BFM TV Denis Jacob, secrétaire général d’Alternative Police (CFDT).
« Il y a eu peut-être une crainte, une pression de la part de nos collègues pour ne pas écrire. (…) Dans l’administration, rendre compte par écrit d’un comportement d’un autre collègue, c’est jamais bien perçu », a-t-il avancé.
Noam Anouar, délégué du syndicat minoritaire Vigi, a fait état, sur Europe 1 et BFM TV, de « fuites orchestrées » et de « pressions » pour que l’auteur de l’attaque soit présenté comme « un fou » à l’origine d' »un acte de démence ».
(Bureau de Paris, édité par Sophie Louet)
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