L’élection d’un juge dans le Wisconsin focalise l’attention aux Etats-Unis
par Joseph Ax
(Reuters) – Les habitants du Wisconsin sont appelés à élire mardi l’un des sept juges de la Cour suprême de cet Etat du Midwest, un scrutin d’ordinaire peu médiatisé qui s’est transformé en joute nationale entre les camps démocrate et républicain.
En témoignent les plus de 90 millions de dollars engloutis dans la campagne, un record pour l’élection d’un juge aux Etats-Unis, dont 21 millions de dollars dépensés par Elon Musk ou des groupes liés au milliardaire et conseiller de Donald Trump, selon un décompte effectué par le Brennan Center for Justice de l’Université de New York.
Le duel oppose la progressiste Susan Crawford, soutenue de son côté par les milliardaires George Soros ou J.B. Pritzker, gouverneur démocrate de l’Illinois, au conservateur Brad Schimel.
La Cour suprême du Wisconsin, qui penche aujourd’hui avec une majorité de 4 contre 3 pour le camp « libéral », devra statuer ces prochains mois sur des questions cruciales concernant le droit de vote et les lois électorales, alors que l’Etat du MidWest fait partie de ces « Swing States » (Etats pivots) décisifs lors de l’élection présidentielle. Donald Trump s’y est imposé en novembre avec moins d’un point de pourcentage – sa plus faible avance parmi tous les Etats.
Le tribunal devrait aussi trancher sur la légalité du droit à l’avortement dans l’Etat et réexaminer une loi soutenue par les républicains qui a privé la plupart des syndicats de la fonction publique de capacités de négociation collective.
« Je pense que ce sera important pour le futur de la civilisation », a osé Elon Musk lors d’une réunion de campagne dimanche.
20 DOLLARS PAR ÉLECTEUR
Les détracteurs du milliardaire soulignent que le patron de Tesla pourrait avoir surtout un intérêt personnel dans la bataille, le constructeur de voitures électriques ayant intenté une action en justice en janvier dernier contre l’Etat à propos d’une loi interdisant aux groupes automobiles d’ouvrir des concessions.
Elon Musk, dont le département de l’efficacité gouvernementale supervise une campagne de coupes drastiques dans les dépenses de l’Etat fédéral, s’est fortement impliqué dans la campagne. Dimanche soir, lors d’une réunion organisée par son principal comité d’action politique (« super PAC »), il a remis des chèques d’un million de dollars à deux électeurs.
Le procureur général du Wisconsin, le démocrate Josh Kaul, a sais la justice pour bloquer les paiements, contraires selon lui à la législation locale anti-corruption.
Elon Musk, qui a dépensé plus de 250 millions de dollars pour la campagne présidentielle de Donald Trump, a également promis aux bénévoles de la campagne de Brad Schimel de leur verser 20 dollars pour chaque électeur qu’ils recruteraient avant l’élection de mardi.
L’homme d’affaires se dit préoccupé par le fait qu’une Cour suprême majoritairement progressiste puisse redessiner la carte électorale du Wisconsin et mettre en péril l’étroite majorité républicaine (220-213) à la Chambre des représentants à l’occasion des prochaines élections de mi-mandat en 2026.
Deux élections partielles auront également lieu mardi en Floride pour remplacer des personnalités nommées dans l’administration de Donald Trump mais les républicains devraient conserver aisément leurs deux sièges. Les candidats démocrates avaient obtenu dans ces circonscriptions environ un tiers des voix en novembre dernier.
(Rédigé par Joseph Ax; Jean-Stéphane Brosse pour la version française)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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