Forvia élargit sa fourchette de prévision de ventes après une année 2024 « difficile », le titre chute
(Reuters) – Forvia chute en Bourse vendredi après avoir déclaré viser une amélioration de sa marge opérationnelle en 2025, tout en élargissant la fourchette de sa prévision de ventes par rapport à l’an dernier, le groupe disant vouloir se concentrer sur la rentabilité, le cash flow et le désendettement, après une année 2024 « difficile ».
A Paris, vers 10h00 GMT, Forvia perd 20% à 8,69 euros et est en passe d’enregistrer sa pire journée sur les marchés depuis l’introduction du titre.
Le septième fournisseur automobile mondial prévoit un chiffre d’affaires entre 26,3 et 27,5 milliards d’euros à taux de change constants en 2025, contre une fourchette de 26,8 à 27,2 milliards d’euros en 2024.
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Ces perspectives sont basées sur une production automobile mondiale estimée à 89,5 millions de véhicules cette année, a indiqué Forvia, et tiennent compte des droits de douane américains déjà appliqués.
Sur l’ensemble de l’année, Forvia a enregistré une légère croissance de ses ventes en organique, à 26,97 milliards d’euros, mais en-deçà des attentes des analystes qui tablaient en moyenne sur 27,74 milliards d’euros, selon les données LSEG.
Selon Michael Foundoukidis, analyste chez ODDO BHF, la performance financière annuelle de Forvia est nuancée, avec un bénéfice en ligne, un free cash flow légèrement meilleur qu’attendu, mais une dette nette supérieure à ses attentes.
« L’action pourrait être mise sous pression aujourd’hui », précise-t-il dans une note, jugeant la publication susceptible d’alimenter les inquiétudes sur la santé financière du groupe, « à l’instar de Valeo ».
L’équipementier automobile français Valeo, qui a publié ses résultats annuels jeudi, abandonne quant à lui 13,7% à 9,73 euros, après avoir annoncé anticiper un chiffre d’affaires annuel inférieur à sa prévision précédente.
LA CHINE EN LIGNE DE MIRE
Les fournisseurs tels que Forvia cherchent à forger de nouvelles alliances avec davantage de constructeurs automobiles chinois, afin de contourner le ralentissement des ventes auquel sont confrontés leurs clients occidentaux, tels que Ford, Stellantis, ou Volkswagen.
Forvia a déclaré prévoir une baisse des ventes sur les marchés européens et nord-américains, mais le groupe envisage une croissance en Amérique du Sud et en Chine.
« Le développement de l’activité des constructeurs chinois est un élément important sur lequel on travaille depuis de nombreuses années », a déclaré Olivier Durand, directeur financier de Forvia, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes.
« On a une présence très diversifiée dans le pays et assez diversifiée maintenant en termes de clients. On est le cinquième équipementier automobile en Chine », a-t-il ajouté.
DROITS DE DOUANE
L’arrivée de Donald Trump à la Maison blanche a entraîné une refonte de la politique commerciale de Washington visant rivaux comme partenaires. Le président américain a déclaré mercredi que son administration imposera des droits de douane de 25% sur les importations en provenance de l’Union européenne.
A l’instar de Valeo, qui a déclaré jeudi que l’impact serait intégralement payé par ses clients, Forvia a dit vendredi prévoir aussi de répercuter les coûts sur les siens.
« Nous avons défini ce qu’il faudra pour que l’intégralité de l’impact soit passé à nos clients et à nos fournisseurs. Car on ne peut pas faire autrement », a déclaré Olivier Durand.
Le directeur financier a cependant ajouté que Forvia, disposant de centres de production importants au Mexique, était potentiellement exposé aux droits de douanes visant les exportations depuis ce pays, mais a ajouté avoir « défini les actions pour y remédier ».
(Rédigé par Mara Vîlcu, avec Nathan Vifflin et Mathias de Rozario, édité par Augustin Turpin)
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