Laurence Kohli, la plus jeune déléguée au Synode de l’Église réformée vaudoise
Elle est la plus jeune déléguée au Synode de l’Église réformée vaudoise. Du haut de ses 22 ans, Laurence Kohli a une seule mission: donner une voix à la jeunesse réformée du canton, «trop peu considérée par ses aînés». Portrait.
Il fait 38 degrés dans la grande salle de Bavois. Malgré la moiteur assommante, Laurence Kohli dégaine haut son bras droit. Elle demande la parole, on la lui donne. Le débat d’entrée en matière sur une bénédiction nuptiale unique pour tous les couples mariés vient d’être accepté par les délégués au Synode (organe délibérant) de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV). «En plus de mon investissement au Synode, je suis membre d’Agora, le Synode des jeunes du canton, un lieu de débats. Nous avons discuté de la bénédiction unique: la jeunesse de l’Église est pour!», lâche-t-elle avant de se rasseoir aussitôt.
Pas un trémolo dans la voix. Pas une once de stress. La première prise de parole de la plus jeune déléguée – en fonction depuis le mois de mars – n’était qu’assurance et conviction. Un exercice chevillé au corps: «Petite déjà, je n’avais pas peur de m’exprimer en public. J’ai d’ailleurs toujours eu tendance à parler un peu trop et à dire tout haut ce que d’autres préféraient ne pas entendre», sourit-elle. À Bavois, sa concision fait mouche. Laurence Kohli a été entendue. Plusieurs élus appellent à prendre en considération cette voix, écho de la jeunesse. Alors au moment du vote, lorsque le «oui» à la bénédiction unique l’emporte, la jeune fille ne cache pas son sourire. Il n’empêche que cette fonction de porte-parole ne fait pas l’unanimité au sein de l’assemblée: certains délégués s’interrogent sur la réelle représentativité clamée en plénum. Du grain à moudre: «Pour que les choses bougent, il est nécessaire de s’engager. Les personnes plus âgées, majoritaires dans l’EERV, ne sont pas dans nos têtes», affirmait-elle d’ailleurs quelques minutes avant de tenir le crachoir.
Monter le volume
«Les jeunes ne sont pas assez écoutés dans notre Église. Nous sommes bénévoles et à ce titre, nous ne sommes pas impliqués dans les processus décisionnels. Nous sommes pourtant l’avenir», assène-t-elle avec conviction, tout en découpant délicatement le poivron rouge qui accompagne son pique-nique synodal, à même la table où elle siège. Privilège de la jeunesse sans doute, Laurence Kohli ose. La fleur au fusil, elle n’a rien à perdre. «Il faut tout de même avoir les épaules solides face à certaines personnes qui peinent à nous considérer comme leurs égaux.»
Alors du haut de ses 22 ans fraîchement fêtés, elle ne se démonte pas et agit au nom d’une jeunesse bien présente au sein des rangs des croyants et «visible dans l’accompagnement de camps de catéchisme et l’organisation d’activités plutôt que le dimanche au culte». Le problème: «Le dimanche matin est synonyme de grasse matinée ou de révisions pour la majorité des jeunes», résume-t-elle. Qu’à cela ne tienne, il y a presque quatre ans, elle lance Célé’jeunes, des cultes différents, dans sa région du Chablais vaudois. Le principe: des célébrations thématiques en soirée. Liberté, confiance, identité de Dieu, avec à chaque fois des chants qui résonnent rarement à l’église. «Le texte biblique n’est pas forcément au centre, nous privilégions les échanges. Et nous pouvons compter sur notre pasteure pour l’apport théologique et les bénédictions», ajoute Laurence Kohli. Une formule qui ne séduit pas que les jeunes. À tel point qu’«une soixantaine de gens ont bravé la tempête hivernale pour monter à Leysin et vivre une célébration dans un iglou», s’étonne-t-elle encore. Et dernièrement, c’est un vrai bal masqué qui s’est organisé pour aborder la question de ce qu’on révèle ou cache aux autres de notre vie.
Passage de témoin
Aujourd’hui, la sauce a pris, Laurence Kohli passe le flambeau à d’autres avec confiance. Il faut dire qu’elle s’apprête à entamer un bachelor en ingénierie des médias. Sans compter qu’elle a sorti sa chemise et son foulard de l’armoire pour reprendre les chemins du scoutisme. Avec une formation d’accompagnante de camp de catéchisme et de monitrice Jeunesse et Sport, elle peut y endosser la responsabilité de chef de camp. À la différence des camps de catéchisme confié au pasteur. «Pourquoi ne pas nous responsabiliser et solliciter le pasteur pour les questions théologiques?» interroge-t-elle. Pourtant, entre scoutisme et christianisme, elle refuse de choisir. «Le partage, la collaboration, l’aide au prochain sont autant de valeurs communes. Et puis, j’adore avoir des discussions avec les enfants, ils ont une imagination incroyable. J’aime leur transmettre mon expérience, être une personne ressource et les sortir de leur quotidien», liste-t-elle.
Non conventionnelle
Si Laurence Kohli lâche aujourd’hui du lest, elle s’accroche à son carton de vote synodal, qu’elle brandit au gré des intérêts de la jeunesse réformée, dont elle prend le pouls au sein d’Agora. Une manière pour celle qui, petite, rêvait «de changer le monde», de secouer les mentalités, avec la ferveur de son âge, enrobée de douceur et de maturité.
Une foi en actes, mais une foi non conventionnelle, de ses propres mots. «Je me retrouve dans l’esprit de Taizé, où je me rends une fois par an. C’est là que je me remets en relation avec Dieu, par la prière, et non pas en me rendant à l’église chaque dimanche matin.» Laurence Kohli ne cache pas être aussi branchée énergies, celles des gens, de la nature, des pierres. «Je crois en quelque chose au-dessus de nous, de plus grand. Faut-il parler de Dieu, de Mère Nature? Je crois que c’est toute la richesse de notre Église: tous différents, nous n’avons pas besoin de croire à l’identique. Ce qui nous rassemble c’est d’avoir en commun une croyance, mais aussi ces valeurs réformées dans lesquelles j’ai grandi et je me reconnais.»
Passé, présent, futur
C’était mieux avant?
C’était différent. Lorsque mon arrière-grand-mère me parlait de sa vie, elle semblait heureuse. Pourtant, les femmes n’avaient alors pas leur mot à dire dans une société très patriarcale. Aujourd’hui, on parle de l’avant-Covid. La pandémie a fait exploser la digitalisation. Est-ce mieux? Je l’ignore. Mais en tant qu’étudiante, je peux remplir les formulaires administratifs en ligne, sans avoir à prendre sur mes heures de cours pour me rendre au guichet, et ça c’est un gain de temps énorme.
Une bonne raison de vivre dans le moment présent?
Il permet d’oublier les listes interminables de choses à faire et d’être à 100% avec les gens. Il faut trouver ce temps, arrêter son cerveau et profiter, le reste peut attendre demain.
Un rêve pour l’avenir?
Je rêve d’un monde où je trouve ma place, où je suis acceptée telle que je suis, sans devoir porter un masque, me cacher, et je le souhaite pour les autres aussi. Il nous faut embrasser la diversité du monde dans lequel nous vivons et arrêter de nous prendre la tête et stigmatiser les différences, qu’elles concernent la manière de se vêtir ou la croyance.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

