L’ancien prêtre Bernard Preynat face à ses victimes à partir de mardi
Le procès de l’ancien prêtre Bernard Preynat, poursuivi pour « atteintes sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans commises par personne ayant autorité » s’ouvrira finalement mardi matin devant le tribunal correctionnel de Lyon.
Le mouvement de grève des avocats contre la réforme des retraites a conduit au report de l’audience de 24 heures.
Bernard Preynat s’est néanmoins exprimé lundi matin avant que la séance ne soit levée pour souhaiter que son procès ait lieu « le plus vite possible » face à « la souffrance » de ses victimes. L’ancien aumônier scout, aujourd’hui âgé de 74 ans, barbe blanche et démarche lente, risque dix ans de prison et 150.000 euros d’amende.
« Cela fait cinq ans que la procédure a commencé. J’ai entendu, lorsque j’ai été confronté à quelques victimes lors de l’enquête, la souffrance de ces personnes dont je suis coupable. Je comprends qu’elles désirent que le procès se déroule le plus vite possible », a-t-il dit à la barre.
Son avocat, Me Frédéric Doyez, a appuyé son propos : « Je ne veux pas que demain, il soit dit que c’est à la demande de Bernard Preynat que ce procès est reporté. Ça serait terrible pour les victimes qui ont droit à cet instant de rencontre ».
« Une démarche de repentance » dont a pris acte Pierre-Emmanuel Germain-Thill, l’une des parties civiles.
« C’est ce qu’il a déjà fait d’ailleurs en confrontation avec de nombreuses personnes. Je suis confiant, un jour de plus, ce n’est pas très grave, je suis quelqu’un de très patient », a-t-il réagi.
Jusqu’au 17 janvier, Bernard Preynat va faire face à une dizaine de ses anciennes victimes pour des faits non encore prescrits. Déjà condamné par ses pairs, il a été exclu de l’Eglise en juillet dernier.
« J’AI BESOIN DE FINIR DE DIRE LA VÉRITÉ »
« C’est un homme qui a reconnu les faits il y a trente ans, il va les assumer », souligne Me Doyez. Il entend néanmoins interroger « la mémoire modifiée et transformée » après tant d’années, précise-t-il. Mais également l’attitude des familles qui ont fermé les yeux à l’époque sur le sort réservé à leurs enfants.
Cette affaire de pédophilie a eu non seulement des retentissements au sein de l’Eglise de France mais aussi au Vatican.
Les parties civiles entendent raconter comment elles ont été agressées pendant des années : lors des séances de catéchisme ou les activités de scoutisme à la paroisse Saint-Luc de Sainte-Foy-les-Lyon, ou encore dans un car, en voyage à Rome, en Irlande ou en Corse.
Des abus souvent passés sous silence par les familles comme par la hiérarchie du père Preynat jusqu’à la constitution de « La parole Libérée », il y a quatre ans, par d’anciennes victimes. C’est par l’intermédiaire de son site internet que cette association a pu recueillir quelque 70 témoignages de victimes pour des faits survenus des années 1970 à 1990.
L’une d’elles, Pierre-Emmanuel Germain-Thill, dit aborder avec sérénité ce procès.
« J’ai besoin de finir de dire la vérité, c’est ce qui me permettra de tourner la page », confie-t-il, assurant « ne pas redouter ce face-à-face avec Bernard Preynat ».
« Ce procès est important pour moi, mais aussi pour toutes les victimes prescrites, car c’est aussi leur procès même si elles ne figurent pas parmi les parties civiles », ajoute-t-il.
Président de « La Parole Libérée », François Devaux salue ce « temps consacré à la parole des victimes et à l’expression des conséquences sur leurs existences », après le procès du cardinal Philippe Barbarin pour « non dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs » en marge de cette affaire.
Le cardinal de Lyon a été condamné en première instance à six mois de prison avec sursis le 7 mars 2019. Une décision de la cour d’appel de Lyon est attendue le 30 janvier sur ce dossier.
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