L’Iran a commencé à enrichir de l’uranium à 60% à Fordow, selon l’AIEA
DUBAÏ/VIENNE (Reuters) – L’Iran a pour la première fois commencé à produire de l’uranium enrichi à 60%, soit un niveau le rapprochant d’un usage potentiellement militaire, dans son site nucléaire souterrain de Fordow, a déclaré mardi l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), confirmant des informations des médias iraniens.
La République islamique prévoit en outre d’augmenter de manière significative à Fordow la production d’uranium faiblement enrichi (jusqu’à 5% ou 20%) via l’installation de 14 nouvelles « cascades » de centrifugeuses perfectionnées du même type que celles déjà existantes, soit des IR-6, a ajouté l’AIEA dans un communiqué.
« Le directeur général Rafael Mariano Grossi a déclaré aujourd’hui que l’Iran avait commencé à produire de l’uranium hautement enrichi – de l’UF6 (hexafluorure d’uranium) enrichi jusqu’à 60% – en utilisant les deux cascades existantes de centrifugeuses IR-6 à l’usine d’enrichissement de combustible de Fordow, en plus de la même production qui a lieu depuis avril 2021 à Natanz », a déclaré l’AIEA.
Dans un communiqué commun, la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, les trois pays européens signataires de l’accord de 2015 encadrant le programme nucléaire iranien en échange de la levée de sanctions internationales, ont condamné cette « nouvelle expansion » des activités nucléaires de l’Iran, qu’ils jugent « particulièrement préoccupante ».
Paris, Berlin et Londres accusent Téhéran de prendre « de nouvelles mesures significatives qui vident (l’accord de 2015) de son contenu » et dénoncent une initiative « qui emporte des risques significatifs de prolifération (et) n’a aucune justification civile crédible ».
L’IRAN ÉVOQUE UNE « RÉPONSE FORTE » À UNE RÉSOLUTION DE L’AIEA
L’Iran produit déjà de l’uranium enrichi à 60% dans d’autres sites, un niveau bien en deçà du seuil de 90% nécessaire à la fabrication d’une arme atomique mais largement supérieur au seuil de 20% atteint avant la signature de l’accord de 2015, qui plafonnait à 3,67% le degré d’enrichissement de l’uranium produit par Téhéran.
Les médias iraniens, qui ont fait état de ce développement dans la matinée, ont présenté cette initiative à Fordow comme une « réponse forte » à une résolution de l’AIEA dénonçant un manque de coopération des autorités iraniennes dans le dossier nucléaire.
Pour la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, cette justification est « inacceptable ».
Le conseil des gouverneurs de l’AIEA, composé de 35 pays membres, a adopté jeudi dernier cette résolution appelant l’Iran à coopérer immédiatement avec l’AIEA dans une enquête concernant la découverte de traces d’uranium dans trois sites non déclarés, selon des diplomates ayant participé à ce vote à huis clos.
Le ministère des Affaires étrangères iranien a jugé lundi que cette résolution avait des « motivations politiques ».
Il s’agit de la deuxième résolution depuis le début de l’année critiquant le comportement de l’Iran dans cette enquête, devenue un obstacle dans les discussions pour relancer l’accord de 2015, Téhéran ayant demandé la clôture des investigations.
L’Iran s’est affranchi progressivement des contraintes de 2015 encadrant son programme nucléaire, qu’il présente comme purement civil, après la décision en 2018 de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de cet accord et de rétablir des sanctions américaines contre Téhéran.
Les efforts diplomatiques, en premier lieu ceux des signataires européens, pour ramener les Etats-Unis et l’Iran dans cet accord ont jusqu’à présent échoué.
(Reportage Parisa Hafezi, Elwely Elwelly, François Murphy et John Irish; version française Myriam Rivet et Bertrand Boucey, édité par Nicolas Delame, Kate Entringer et Tangi Salaün)
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