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Trump presse le roi de Jordanie d’accueillir les Palestiniens de Gaza

par Jeff Mason et Simon Lewis

WASHINGTON (Reuters) – Le président américain Donald Trump a répété mardi, lors d’une visite à Washington du roi Abdallah II de Jordanie, sa volonté que les Etats-Unis prennent le contrôle de la bande de Gaza et a demandé que la Jordanie accueille de manière permanente les Palestiniens « relogés », un projet auquel Amman s’oppose.

Évoqué la semaine dernière par Donald Trump lors d’une visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu – premier dirigeant étranger à avoir été reçu à la Maison blanche depuis le retour au pouvoir de Trump le 20 janvier -, le projet de rebâtir la bande de Gaza sans les Palestiniens a provoqué un tollé international et la colère des pays arabes.

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S’exprimant à la Maison blanche au côté du roi Abdallah, premier dirigeant arabe en visite à Washington depuis cette annonce, Donald Trump a déclaré qu’il ne reviendrait pas sur sa volonté de « reloger » les habitants de Gaza afin de faire de l’enclave palestinienne la « Côte d’Azur » du Proche-Orient.

« Nous allons prendre » la bande de Gaza, a déclaré le président américain devant les journalistes. « Nous allons la chérir (…) Un tas d’emplois vont être créés pour la population du Moyen-Orient », a-t-il ajouté, voyant dans son projet une solution pour « amener la paix » dans la région.

Alors que Donald Trump semblait vouloir le pousser à dire que la Jordanie accueillerait les Gazaouis, le roi Abdallah a déclaré qu’il agirait pour le bien de son pays. « Cela doit fonctionner d’une manière qui est bonne pour tous », a-t-il dit, mal à l’aise, dans le Bureau ovale, sans soutenir ou s’opposer explicitement au projet de Donald Trump.

Une contre-proposition sera transmise à Washington par les pays arabes, a-t-il ajouté. Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a déclaré par la suite à la télévision publique jordanienne qu’il y avait un plan chapeauté par l’Egypte pour reconstruire Gaza sans déplacer ses habitants.

Via le réseau social X, le roi Abdallah a déclaré avoir réaffirmé auprès de Donald Trump la « position inébranlable » de son pays contre un quelconque déplacement des Palestiniens, aussi bien de Gaza que de Cisjordanie occupée.

« C’est la position unifiée » des pays arabes, a-t-il écrit. « Rebâtir Gaza sans déplacer les Palestiniens et en répondant à la situation humanitaire désastreuse doit être la priorité pour tous ».

DOUTE SUR LES AIDES AMÉRICAINES À LA JORDANIE

Malgré l’opposition affichée, Donald Trump s’est montré mardi confiant sur le fait que la Jordanie et l’Egypte accepteront au bout du compte d’accueillir les Palestiniens de Gaza. La veille, il a menacé les deux pays de les priver d’importantes aides américaines en cas de rejet de son plan.

« Je crois que nous aurons une parcelle de terrain en Jordanie. Je crois que nous aurons une parcelle de terrain en Egypte », a dit le président américain au côté du roi Abdallah, semblant par ailleurs faire marche arrière sur ses menaces financières. « Nous leur donnons beaucoup d’argent. Mais je n’ai pas à menacer cela. Nous sommes au-dessus de cela. »

Le roi Abdallah a répété par le passé son opposition à tout projet d’annexion de territoires palestiniens et à toute déportation des Palestiniens.

Bien que les deux dirigeants soient apparus cordiaux dans leurs échanges à la Maison blanche, les commentaires de Donald Trump ont placé le roi Abdallah dans une position délicate.

En amont de sa visite, des représentants jordaniens avaient dit vouloir éviter que Donald Trump mette publiquement le roi Abdallah dans l’embarras. Les commentaires effectués devant les journalistes dans le Bureau ovale n’étaient pas prévus.

Le prince héritier de Jordanie, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio et d’autres représentants étaient également présents à ce moment-là dans le Bureau ovale.

Il était attendu que, lors de leur entretien, le roi jordanien prévienne le président américain des dangers de son plan, considéré par Amman comme à même de favoriser le radicalisme, de répandre le chaos dans la région, de menacer la survie même de celle-ci, et de nuire à la paix avec Israël.

MENACES SUR LE CESSEZ-LE-FEU

Le projet de Donald Trump est venu complexifier davantage une situation régionale tendue, alors que Benjamin Netanyahu a menacé mardi – en écho à des commentaires la veille du président américain – de rompre le cessez-le-feu dans la bande de Gaza si le Hamas ne libère pas des otages samedi.

S’exprimant devant les journalistes, Donald Trump a déclaré mardi que « tout est possible » si le Hamas ne respecte pas cette date butoir – un scénario auquel il a dit s’attendre.

La Jordanie, située entre l’Arabie saoudite, la Syrie, Israël et la Cisjordanie occupée, accueille déjà plus de 2 millions de réfugiés palestiniens parmi ses 11 millions d’habitants. Elle est préoccupée de longue date par le statut et le nombre de ces réfugiés palestiniens.

Amman, qui dépend grandement des aides militaire et économique de Washington, souffre du gel des aides étrangères décrété par Donald Trump. L’aide annuelle de 1,45 milliard de dollars versée par les Etats-Unis à la Jordanie est pour l’heure en suspens. Israël et l’Egypte ont été exemptés.

Le roi Abdallah est dans une position « très, très vulnérable », a déclaré Ghaith Al-Omari, membre de l’Institut pour la politique au Proche-Orient, un centre de réflexion basé à Washington.

Les Etats-Unis disposent ainsi d’un « important levier », a-t-il poursuivi, tout en notant que l’aide américaine à la Jordanie ne relevait « pas de la charité » car le pays abrite notamment des troupes américaines et partage ses renseignements avec Washington. La Jordanie a par ailleurs signé en 1994 un pacte de paix avec Israël important pour la stabilité régionale.

(Jeff Mason, Simon Lewis et Trevor Hunnicutt, avec Suleiman al-Khalidi à Amman; version française Jean Terzian)

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