Les candidats à la présidentielle française de 2027
A moins d’un an du départ de l’Elysée du président français Emmanuel Macron, au pouvoir depuis 2017 et contraint à deux mandats consécutifs par la Constitution, de nombreuses personnalités ont fait part de leur intention de lui succéder, de manière plus ou moins formelle.

Le président français élu Emmanuel Macron et sa femme Brigitte Trogneux célèbrent sur la scène lors de son rassemblement de victoire près du Louvre à Paris, France. /Photo prise le 7 mai 2017/REUTERS/Benoit Tessier
Emmanuel Macron quittera ses fonctions le 13 mai 2027. Si les instituts de sondage donnent pour l’heure le candidat du Rassemblement national (RN), qu’il s’agisse de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen, largement en tête au premier tour, les perspectives ne sauraient manquer d’évoluer à mesure que se précisera la liste des prétendants.
L’organisation d’une ou plusieurs primaires, prônées par une partie de la gauche et du centre-droit mais rejetées par les militants Les Républicains, pourrait ne pas suffire à dégager un chemin vers l’Elysée fort embouteillé.
Pour se présenter, 500 parrainages d’élus locaux sont nécessaires. En 2022, douze candidats avaient brigué la magistrature suprême. Le record de 16 candidats remonte à 2002.
Voici la liste des candidats possibles, déclarés ou non, à l’élection présidentielle française, scrutin uninominal majoritaire à deux tours prévu au printemps 2027.
LES CANDIDATS DÉCLARÉS
Après la publication d’un livre et un tour de France, l’ex-Premier ministre et actuel secrétaire général de Renaissance, GABRIEL ATTAL, 37 ans, a annoncé sa candidature fin mai dans un village de l’Aveyron.

L’ancien Premier ministre français Gabriel Attal, député et président du groupe parlementaire Ensemble pour la République (EPR), assiste à un débat parlementaire sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, y compris la suspension de la réforme controversée des retraites de 2023, lors d’une session à l’Assemblée nationale à Paris, France. /Photo prise le 12 novembre 2025/REUTERS/Gonzalo Fuentes
Conscient de la nécessité d’une candidature unique pour faire face aux extrêmes, le député des Hauts-de-Seine plaide pour une coordination avec le MoDem de François Bayrou et le parti Horizons d’Edouard Philippe, hostile à une primaire.
Candidat à l’Élysée depuis septembre 2025, l’ancien Premier ministre (2017-2020) EDOUARD PHILIPPE, 55 ans, a vu son ambition confortée par sa victoire aux élections municipales dans sa ville du Havre (Seine-Maritime).
Pour l’heure bien placé dans les sondages, le président d’Horizons promet un programme « massif » pour l’emmener vers l’Elysée. Il organise fin juin un millier de réunions d’appartements avant un meeting le 5 juillet à Paris.
Le Parquet national financier a ouvert une enquête le visant pour détournement de fonds publics et favoritisme, en lien avec la Cité numérique du Havre.
Lors d’une consultation en avril, 73,8% des adhérents du parti Les Républicains (LR) ont désigné leur président BRUNO RETAILLEAU, sénateur vendéen de 65 ans, candidat à la présidentielle, écartant de fait l’idée d’une primaire interne. L’ex-ministre de l’Intérieur sera en meeting le 20 juin à Paris.
Facilement réélu maire de Cannes en mars, le libéral ex-LR DAVID LISNARD, 57 ans, fondateur du parti Nouvelle Énergie et président de l’Association des maires de France, a annoncé en janvier sa candidature à l’Elysée.
Les souverainistes NICOLAS DUPONT-AIGNAN, président de Debout La France âgé de 65 ans, FRANÇOIS ASSELINEAU, 68 ans, président de l’Union populaire républicaine et FLORIAN PHILIPPOT, 44 ans, ancien vice-président du Front national et actuel président des Patriotes, sont candidats. Les deux derniers souhaitent sortir la France de l’UE et de l’Otan.
François Asselineau vient d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour harcèlement sexuel et agression sexuelle sur un collaborateur et tentative d’agression sexuelle sur un autre.
A l’extrême gauche, le chef de file de La France insoumise (LFI), JEAN-LUC MÉLENCHON, 74 ans, est en campagne depuis l’annonce, le 3 mai, de sa quatrième candidature à la présidence de la République. Lors de son premier grand meeting de campagne le 7 juin à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ville remportée par son camp aux élections municipales de mars, il a appelé à concrétiser la possibilité d’un « grand changement ».
En 2022, l’ancien sénateur avait réuni 22% des suffrages, échouant à se qualifier pour le second tour à 420.000 voix près. La radicalité de celui qui se prétend le « mieux préparé » de sa famille politique divise la gauche.
A 50 ans, l’ancien député LFI fondateur du mouvement « Debout » FRANÇOIS RUFFIN, se présente pour la première fois à une élection présidentielle. Après sa rupture avec les Insoumis, l’élu de la Somme entend « rebâtir une force » à gauche.
Il est favorable à une primaire à laquelle pourraient participer la secrétaire nationale des Écologistes, MARINE TONDELIER, 39 ans, la députée ex-LFI CLÉMENTINE AUTAIN, 53 ans, et sa collègue des Deux-Sèvres DELPHINE BATHO, 53 ans.
Hostile à une primaire jugée « baroque », le député socialiste de l’Essonne JÉRÔME GUEDJ, 54 ans, est candidat depuis février au nom d’une gauche « républicaine, européenne, universaliste, laïque, sociale, et écologiste. »
Le maire socialiste de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) KARIM BOUAMRANE, 53 ans, renvoyant dos à dos Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon, défend de son côté une candidature « ancrée dans le réel », convaincu qu’une France « forte et humaine » est majoritaire dans le pays.
La représentante du parti trotskiste Lutte ouvrière, NATHALIE ARTHAUD, enseignante de 56 ans, est candidate pour la quatrième fois, après avoir recueilli 0,56% des voix en 2022.
LES CANDIDATS POTENTIELS
Le Rassemblement national attend l’arrêt de la cour d’appel de Paris, le 7 juillet, dans le dossier des assistants parlementaires européens du Front national, pour désigner son candidat à la magistrature suprême.
En cas de condamnation ferme de MARINE LE PEN, 57 ans, la double finaliste du scrutin présidentiel laissera sa place à son dauphin JORDAN BARDELLA, président du RN âgé de 30 ans.
Après avoir remporté 7% des voix en 2022, le nationaliste ERIC ZEMMOUR, 67 ans, pourrait de nouveau tenter sa chance à la tête de son parti « Reconquête ». « J’ai tout mon temps pour déclarer ma candidature », a dit début avril sur BFMTV l’ancien journaliste, qui multiplie les interventions médiatiques.
« Je me prépare », a déclaré l’ancien président de la République FRANÇOIS HOLLANDE, 71 ans, en avril à l’hebdomadaire Marianne, mettant en avant son expérience de chef d’Etat entre 2012 et 2017 et son élection comme député de Corrèze en 2024. Il promet une candidature social-démocrate indépendante de LFI pour 2027 et enterre toute idée de primaire.
Lui aussi hostile à une primaire de la gauche et à tout rapprochement avec La France insoumise, l’eurodéputé RAPHAËL GLUCKSMANN, 46 ans, a rassemblé 14% des voix aux dernières élections européennes. Bien placé dans les sondages, le chef de file de Place Publique a publié fin mai un livre intitulé « Nous avons encore envie » et il sera en meeting à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) le 13 juin.
Partisan, lui, d’une primaire à gauche hors LFI, le Premier secrétaire du Parti socialiste OLIVIER FAURE, 57 ans, n’exclut pas d’y participer. Le député de Seine-et-Marne pâtit du récent départ de la direction du PS de Boris Vallaud, en désaccord avec la stratégie du parti pour la présidentielle. L’élu des Landes dénonce un « collectif défaillant ».
« Ma volonté d’être candidat est pleine et entière », a déclaré sur France Inter l’ancien Premier ministre socialiste BERNARD CAZENEUVE, 62 ans. Hostile à LFI, celui qui se définit comme un « républicain de gauche » a quitté le Parti socialiste en 2022, après la formation de la Nupes, et créé son mouvement « La Convention ».
L’ancien Premier ministre de François Hollande devenu éphémère ministre des Outre-Mer sous Emmanuel Macron, MANUEL VALLS, 63 ans, réfléchit à une candidature. « Je verrai ce que je ferai à l’automne », a-t-il dit sur BFMTV.
A droite, MICHEL BARNIER, Premier ministre de septembre à décembre 2024, a déclaré au Figaro se sentir « capable » d’être président de la République. Après son départ de Matignon, le Savoyard de 75 ans qui se dit « loyal » et « libre » a été élu député lors d’une législative partielle à Paris.
Le président des Hauts-de-France, XAVIER BERTRAND, 61 ans, ne cache pas son désir d’être de nouveau candidat sur une ligne hostile à tout rapprochement avec l’extrême droite. L’ancien ministre de la « droite sociale » a participé sans succès à plusieurs primaires de son camp.
A la différence de Bruno Retailleau, le chef de file des députés LR LAURENT WAUQUIEZ a plaidé pour une large primaire de la droite allant d’Edouard Philippe à Sarah Knafo ou Éric Zemmour en passant Gérald Darmanin. L’ex-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes âgé de 51 ans a évoqué en mars 2025 dans La Dépêche du Midi son « objectif de reconstruire notre pays ».
Interrogé le 13 mai sur France Inter sur ses ambitions présidentielles, le ministre de la Justice, GÉRALD DARMANIN, 43 ans, a répondu : « Inch-Allah, on verra bien ». Pour l’instant, « il y a beaucoup de candidats et pas beaucoup d’idées », a considéré l’élu de Tourcoing (Nord) fondateur du mouvement « Populaires », qui plaide pour une candidature commune de la droite et du centre.
Ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes-hommes et de la lutte contre les Discriminations, AURORE BERGÉ, 39 ans, est favorable à une primaire « du bloc central aux Républicains » et n’exclut pas d’y participer.
LES AUTRES CANDIDATS POSSIBLES
« Faisons de ce moment un commencement », a déclaré DOMINIQUE DE VILLEPIN, 72 ans, fin mars devant un millier d’étudiants réunis à la Sorbonne lors de ce que l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac a présenté comme « Un moment français ». Celui qui reste célèbre pour avoir signifié le refus de la France d’entrer en guerre contre l’Irak aux Nations Unies en 2003 tente de réunir les 500 parrainages qui lui avaient échappé en 2012.
Le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour « recel de détournements de fonds publics » sur l’acquisition d’une statuette et d’un buste de Napoléon reçus en cadeaux par Dominique de Villepin alors qu’il était ministre des Affaires étrangères (2002-2004).
Candidat en 2017 et 2022, l’ancien député des Pyrénées-Atlantiques JEAN LASSALLE, 71 ans, a déclaré en janvier à La République des Pyrénées « se préparer tout doucement » à une éventuelle candidature.
Un temps pressentie, la présidente de l’Assemblée nationale, YAËL BRAUN-PIVET, 55 ans, a déclaré début mai ne pas vouloir « ajouter une candidature » au centre, tout en se disant « disponible pour parler du fond. » Elle a déploré « les aventures personnelles » et le manque de « mixité » dans son camp.
L’eurodéputée Reconquête SARAH KNAFO, 33 ans, a gagné des galons lors de sa campagne municipale à Paris, où elle a réuni 10,4% des voix. « Je n’ai jamais émis l’idée d’être candidate à la présidentielle », a néanmoins dit celle qui a lancé fin avril une plateforme participative, « Le programme pour la France »
Parmi les autres personnalités ayant fait part de leur désir d’Elysée figurent le dirigeant du groupe de grande distribution Leclerc MICHEL-EDOUARD LECLERC, qui « n’exclut rien » et se considère « pas plus con qu’un autre » (3 février, France Inter) à 73 ans, l’homme d’affaires classé à gauche MATTHIEU PIGASSE, 57 ans, et l’éditorialiste NATACHA POLONY, 51 ans, auteure de « La France, corps et âme » et qui avait soutenu Jean-Pierre Chevènement en 2002.
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