Grande-Bretagne: Le solde migratoire a presque diminué de moitié avec le durcissement politique
par Muvija M
LONDRES, 21 mai (Reuters) – Le solde migratoire à long terme vers la Grande-Bretagne a presque diminué de moitié en 2025, retombant à des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis la mise en place du système d’immigration post-Brexit, les mesures gouvernementales plus strictes adoptées ces dernières années ayant limité les arrivées.
L’Office for National Statistics (ONS), chargé de la collecte et de la publication des statistiques au Royaume-Uni, a indiqué jeudi que le solde migratoire était tombé à 171.000 au cours des 12 mois précédant la fin décembre, contre 331.000 un an plus tôt, prolongeant ainsi une forte baisse par rapport au pic record de 944.000 atteint en 2023.
L’immigration – tant légale qu’illégale – domine le débat politique en Grande-Bretagne depuis plus d’une décennie, les gouvernements successifs ayant imposé des règles plus strictes en matière de visas et des seuils de salaire plus élevés. Le gouvernement actuel s’est engagé à aller plus loin.
Le think tank British Future a déclaré que le pays « connaissait l’une des baisses les plus marquées du solde migratoire jamais enregistrées », mais que la plupart des gens pensaient le contraire, selon ses recherches.
La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, s’est félicitée des progrès réalisés grâce à des politiques plus strictes, mais a déclaré qu’il restait encore du travail à accomplir.
« Nous accueillerons toujours ceux qui contribuent à ce pays et souhaitent y construire une vie meilleure. Mais nous devons rétablir l’ordre et le contrôle à nos frontières », a-t-elle déclaré, ajoutant que la nouvelle politique d’immigration du gouvernement fondée sur les compétences récompenserait la contribution et mettrait fin à la dépendance vis-à-vis des « travailleurs étrangers bon marché ».
Mais les employeurs et les économistes ont fait part de leurs inquiétudes concernant les pénuries de main-d’œuvre, en particulier dans des secteurs tels que les soins et l’hôtellerie.
« Les entreprises craignent de plus en plus que des politiques telles que celle de « Earned Settlement » ne dissuadent les talents internationaux, les diplômés et les investisseurs dont l’économie britannique a désespérément besoin », a déclaré Lyudmyla Davies, avocate spécialisée en droit de l’immigration, à propos des projets du gouvernement visant à élargir les voies d’accès à la résidence permanente.
LE GOUVERNEMENT RÉPLIQUE À L’AGENDA ANTI-IMMIGRATION DU REFORM UK
L’ONS a indiqué que le solde migratoire à long terme était désormais proche de son niveau d’avant l’introduction du nouveau système d’immigration début 2021, lorsque la Grande-Bretagne a quitté l’Union européenne et que les restrictions liées à la COVID-19 étaient encore en vigueur.
Cette baisse reflète les changements de politique mis en œuvre à partir de 2024, lorsque le précédent gouvernement conservateur avait interdit à la plupart des étudiants étrangers de faire venir des personnes à leur charge et relevé les seuils de salaire pour les visas de travailleurs qualifiés.
Le gouvernement travailliste actuel a encore durci ses politiques afin de contrer le parti populiste Reform UK de Nigel Farage, qui mène une campagne sur un programme anti-immigration et détient une avance à deux chiffres dans les sondages d’opinion.
À cette fin, le gouvernement a décidé l’année dernière de mettre fin au recrutement à l’étranger de personnel soignant, principal moteur de la migration de main-d’œuvre ces dernières années, et a encore relevé le seuil salarial pour l’obtention de visas de travailleurs qualifiés.
Il a depuis annoncé des réformes plus radicales, notamment des plans visant à accélérer les expulsions des personnes arrivant illégalement et à doubler la période d’attente pour certains travailleurs souhaitant obtenir le statut de résident permanent, la portant à 10 ans, ainsi qu’à rendre le statut de réfugié temporaire.
(Rédigé par Muvija M, Version française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.


