Stellantis va investir €1 md en France pour trois nouvelles Peugeot
PARIS/MULHOUSE, 2 juin (Reuters) – Stellantis a annoncé mardi son intention d’investir plus d’un milliard d’euros en France pour produire à Mulhouse (Haut-Rhin) trois nouveaux modèles Peugeot, avec la nouvelle plateforme STLA One dévoilée une dizaine de jours plus tôt.
Un porte-parole du groupe a déclaré à Reuters que 40% de l’investissement ira à l’usine de Mulhouse tandis que 50% sera attribué à la recherche et développement, notamment pour STLA One, soit environ 400 millions et 500 millions respectivement.
STLA One, la nouvelle plateforme électrifiée du groupe et l’un des piliers de sa stratégie présentée le 21 mai, devrait être inaugurée en Espagne en 2027 avec la nouvelle Peugeot 208, selon une source proche du dossier.
Dans un communiqué, le constructeur automobile franco-italo-américain a déclaré que les modèles électriques et hybrides Peugeot de nouvelle génération prévus à Mulhouse seront assemblés à partir de 2029, basés sur une nouvelle architecture permettant de produire des citadines mais aussi des voitures plus de plus grande taille, pour un volume annuel estimé à deux millions de véhicules par an à l’échelle mondiale d’ici 2035.
« Ce projet n’est pas seulement un investissement industriel, c’est une illustration concrète de notre plan stratégique FaSTLAne 2030, qui vise à développer des plateformes mondiales, des technologies de pointe et des produits compétitifs à l’échelle internationale », a déclaré le directeur général Antonio Filosa lors d’un discours.
UNE PLATEFORME POUR REVENIR AU COÛT DES CHINOIS
Il a ajouté que la plateforme serait environ 20% plus compétitive que les architectures actuelles du groupe.
« Ce sera la plateforme qui amènera Stellantis à la parité coût avec les Chinois qui produisent en Europe », a-t-il dit.
Les annonces de Stellantis viennent ainsi corroborer les déclarations du président français Emmanuel Macron la semaine dernière lors d’un sommet sur l’électrification, indiquant que le constructeur automobile prévoyait d’investir en France pour produire une nouvelle génération de véhicules électriques.
La plateforme STLA One doit permettre de baisser les coûts de production des véhicules électriques, grâce notamment au recours principal à la chimie de batterie plus abordable LFP, et de réduire le temps de développement des véhicules.
Des ingénieurs rencontrés mardi au centre de R&D de Sochaux-Belchamps (Doubs) ont indiqué par exemple que la polyvalence de la nouvelle architecture permettrait d’utiliser un moteur électrique d’origine chinoise sur les premières 208 de nouvelle génération produites en Espagne, puis des blocs fabriqués en France par la JV avec Nidec.
La simplification de l’architecture, une plus grande anticipation et davantage d’automatisation ont aussi permis de réduire drastiquement la durée d’une partie des essais pour validation, permettant de faire rouler les premiers prototypes six jours seulement après leur fabrication, contre quatre à huit semaines pour deux voitures basées sur d’autres plateformes.
STLA One permettra de continuer à proposer des versions thermiques hybrides pour parer à tous les aléas en matière de rythme d’électrification. Elle doit remplacer au moins deux architectures actuelles du groupe, qui a dû revoir au prix de charges massives sa stratégie de plateformes pour avoir surestimé le rythme de passage à l’électrique.
Selon deux sources proches du dossier, elle servira à Mulhouse aux prochaines générations de Peugeot 308 à ainsi qu’à un nouveau SUV de taille compacte, moins grand que les actuelles 408 ou 3008.
L’usine, qui emploie actuellement 2.000 personnes environ dans l’assemblage, produit les 308 et 408, ainsi que la DS7 dont la production doit s’arrêter en juin.
Le constructeur franco-italo-américain a dévoilé fin mai un nouveau plan stratégique à 60 milliards d’euros pour relancer sa croissance, passant par le lancement de pas moins de 60 nouveaux véhicules d’ici 2030.
(Reportage Gilles Guillaume, avec la contribution de Coralie Lamarque ; édité par Augustin Turpin et Camille Raynaud)
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