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Les victimes de violences dans l’Eglise espèrent un message fort du pape

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Ghislaine Magoarou avait neuf ans lorsque son instituteur, le frère Gabriel Girard, ferma un jour les rideaux de la classe pour la violer devant ses camarades, eux-mêmes abusés quotidiennement dans leur école bretonne, conduisant la petite fille qu’elle était à vouloir mettre fin à ses jours.

Michèle Le Réun-Gaigné, Ghislaine Magoarou, Raymonde Vilar-Daoulas et Marie-Pierre Vigouroux, qui étaient préadolescentes lorsqu’elles ont été victimes d’abus de la part du frère Gabriel Girard à l’école de Saint-Tudy gérée par l’ordre religieux de Saint-Gabriel, posent devant le bâtiment de l’école à Loctudy, en Bretagne, en France. /Photo prise le 16 septembre 2026/REUTERS/Manuel Ausloos

La professeure de yoga aujourd’hui âgée de 65 ans fait partie des quelque 330.000 mineurs victimes d’abus sexuels entre 1950 et 2020 commis par des prêtres, des religieux ou des laïcs d’institutions religieuses mentionnés dans le rapport supervisé par Jean-Marc Sauvé, qui a fait l’effet d’une bombe dans l’Eglise de France lors de sa publication en 2021.

Le pape Léon préside une assemblée diocésaine marquant l’ouverture de la nouvelle année pastorale du diocèse de Rome, à la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome, en Italie. /Photo prise le 18 septembre 2026/REUTERS/Guglielmo Mangiapane

« J’ai connu l’impensable, c’était des actes quotidiens, et c’était très violent. Cela m’a détruite complètement, et beaucoup de mes camarades aussi, certainement », raconte-t-elle à Reuters sur la plage de Loctudy (Finistère), après une promenade avec trois de ses compagnes d’infortune.

« Au sortir de cette scolarité, donc durant l’été, j’ai voulu me noyer. J’étais partie me baigner avec des amis et je me suis laissé couler, tout simplement. Je me suis laissé emporter par les vagues et je n’avais plus du tout envie de remonter. Je me sentais bien dans l’eau, comme lavée », poursuit celle qui a aussi connu plus tard les affres de l’anorexie.

Dimanche à Lourdes (Hautes-Pyrénées), le pape Léon XIV s’efforcera de trouver les mots face à sept victimes d’actes similaires, dans le sillage de son prédécesseur le pape François qui s’était lui aussi engagé sur ce thème, recevant notamment d’anciens élèves de Loctudy en 2023.

Lors d’une visite en juin à Madrid, où il a rencontré six victimes, Léon a qualifié de « plaie toujours ouverte » les violences sexuelles commises par le clergé en Espagne.

Entre 1969 et 1972 à Loctudy, le frère Gabriel Girard aurait violé environ 50 à 70 enfants de huit à neuf ans. Encore rares sont ceux ayant le courage de raconter le rituel qui consistait à appeler un élève à son bureau pour abuser de lui ou d’elle tout en ordonnant au reste de la classe de baisser la tête.

Le religieux est mort en 1979 après avoir agressé environ 170 enfants à travers la France sans être inquiété ni avoir eu à répondre de ses crimes devant la justice.

Sa congrégation des Frères de Saint-Gabriel, située à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée), a reconnu la responsabilité d’anciens religieux de la communauté dans l’agression d’enfants.

« IL FAUT QUE ÇA S’ARRÊTE »

Si Ghislaine Magoarou arriverait « presque à pardonner » au prédateur « parce que quelque chose ne tournait pas rond », elle en veut aux adultes qui ont fermé les yeux ou étouffé les plaintes des petites victimes.

« Je sais que ça se produit encore. Donc ces gens-là, il faut qu’ils l’entendent haut et fort : que des choses comme ça ne se pardonnent pas, qu’il faut que ça s’arrête », dit-elle.

Confrontée au même agresseur, Michèle Le Reun-Gaigné dit combien les viols ont brisé sa vie, annihilé toute confiance en l’école et les adultes. Mais elle veut croire que les choses peuvent évoluer, et les plus petits être mieux protégés.

« Le changement ne se fera pas du jour au lendemain ; nous ne serons peut-être même pas là pour le voir. Mais ce que nous essayons de faire, modestement, c’est de poser de petits cailloux pour tenter d’améliorer les choses, surtout pour les générations futures », dit-elle.

Dimanche à Lourdes, le souverain pontife se verra présenter un vitrail fabriqué à Loctudy représentant une Bretonne en coiffe et costume traditionnels entourée d’enfants et d’oies protectrices. « Pour rappeler que nous les Bigoudènes, nous les petites Bretonnes, on a été écoutées et entendues », dit Raymonde Vilar-Daoulas, victime créatrice du vitrail.

De cette visite papale, Alain Esquerre, 66 ans, porte-parole des victimes de violences physiques et sexuelles à l’institution catholique Notre-Dame de Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), attend un véritable mea culpa.

« Nous souhaitons que le pape dénonce le fait que l’Église défende davantage l’institution que les enfants victimes », a-t-il dit à Reuters à Montaut, commune voisine de Bétharram.

« Qu’il ait honte de ces religieux qui ont failli à leur mission parce qu’ils ont trahi l’Évangile, ils ont trahi la parole du Christ, et le pape doit être du côté des enfants brisés qui sont les martyrs du XXIe siècle », a-t-il ajouté, plaidant aussi pour une meilleure prévention, avec le concours des victimes.

« ON SERA TOUJOURS EN DETTE »

Le rapport Sauvé a conduit à la création d’un Institut national indépendant de reconnaissance et de réparation (INIRR) proposant aux victimes, entre autres mesures d’accompagnement, une réparation financière pouvant atteindre 60.000 euros.

« Cela coûte à l’Eglise. C’est une manière de concrètement manifester qu’elle a conscience de ses manquements à cette période », explique à Reuters la présidente de l’institution, Marie Derain de Vaucresson.

En cinq ans, 1.969 victimes ont contacté l’INIRR, qui cessera ses activités le 1er octobre pour laisser place à un dispositif imaginé par l’Eglise baptisé « Renaître ». Les victimes seront invitées à contacter les services paroissiaux qui les orienteront vers un accompagnement, le principe d’une contribution financière étant maintenu.

« Il ne s’agit pas d’une rupture, mais d’une continuité », affirme la Conférence des évêques de France en réponse aux critiques de nombreux collectifs de victimes.

Pour l’association Ampaseo (Association pour la mémoire et la prévention des abus sexuels dans l’Église catholique de l’Ouest), ce dispositif manque d’indépendance. « Comment les victimes pourraient-elles confier leur parcours à une institution qui a failli à son devoir de protection ? », s’interroge-t-elle dans un communiqué.

Soeur Véronique Margron, 68 ans, théologienne dominicaine ayant soutenu de nombreuses victimes, attend du pape Léon qu’il encourage l’Eglise à organiser partout « des processus clairs, connus de tous, indépendants et protecteurs qui puissent permettre à des victimes de venir parler ».

« Tous les collectifs de victimes disent, et ont raison de dire, qu’on ne fait pas assez. Ils ont parfaitement raison. On sera toujours en dette. La réponse doit être systémique. »

Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien


Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.

Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires


A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain. 

Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public 



Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature. 
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme. 
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives. 
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires). 
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne. 

Le piège de l’uniformisation de l'information


L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire); 
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.  
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite. 

Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !


Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés. 
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises. 
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales. 

1. Le Journal Chrétien,  un service de presse en ligne reconnu par l’Etat

Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.
La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne. 
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

2. Chrétiens TV, chaîne 483 de Free

Chrétiens TV est une chaîne de télévision chrétienne francophone reconnue par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) et diffusée en continu sur le canal 483 de l’opérateur Free en France ainsi que sur Apple TV, Roku TV, Amazon Fire TV, les applications Chrétiens TV et Free TV (iOS ou Android), les sites Chrétiens TV et https://tv.free.fr
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