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La France compte une malade dans un état grave, 26 cas contacts en observation

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PARIS, 12 mai (Reuters) – La France comptait mardi une malade identifiée de la souche andine de l’hantavirus, hospitalisée à Paris « dans un état grave », et 26 cas contacts pour l’heure asymptomatiques placés en observation dans des établissements spécialisés ou en voie de l’être, ont déclaré les autorités.

Au nombre de ces personnes figurent cinq ex-passagers de la croisière du MV Hondius partie d’Ushuaïa (Argentine) le 1er avril et où un foyer épidémique a été signalé le 2 mai, qui ont été rapatriés dimanche par avion de Tenerife ​et sont hospitalisés à ‌l’hôpital Bichat, à Paris.

La patiente qui a présenté de premiers symptômes lors du vol ​de rapatriement et dont l’état s’est ⁠dégradé très rapidement est « actuellement en réanimation dans un état grave », a confirmé la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, ‌lors d’une conférence de presse destinée ‌à présenter « l’état de la science » sur l’hantavirus Andes.

La malade souffre de « la forme la plus sévère de la présentation cardio-pulmonaire » et bénéficie d’une oxygénation extracorporelle, « dernière étape des soins de support », a précisé le professeur Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat.

« On ne sait pas exactement quels sont ses contacts » donc l’incertitude demeure sur ​une éventuelle chaîne de contamination, a ajouté Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France.

Ses quatre compatriotes, également en observation à Bichat, ont été testés négatifs et « vont bien », selon Stéphanie Rist.

Les 22 autres potentiels cas contacts, qui « vont très bien », ont emprunté deux vols internationaux fin avril.

Il s’agit dans le détail de huit Français qui se trouvaient le 25 avril à bord d’un vol entre Sainte-Hélène et Johannesburg – sur lequel avait embarqué une ex-croisiériste néerlandaise décédée depuis – et de quatorze Français qui avaient pris le même jour un vol Johannesburg-Amsterdam, ⁠dont la patiente néerlandaise décédée a été débarquée avant le départ.

Ces 14 ressortissants sont à « risque moindre » que les huit autres, a dit Stéphanie Rist. Les 22 sujets ⁠contacts ont tous été « contactés, testés, hospitalisés ou sont en cours d’hospitalisation ».

Ils sont orientés vers des établissements de santé de référence (ESR), spécialisés dans la prise en charge des patients présentant une infection à risque épidémique et biologique, en vertu du décret de prévention émis dimanche par le gouvernement.

PAS DE CIRCULATION NATIONALE DU VIRUS

La ministre de la Santé n’a pas précisé les destinations de chacun des sujets contacts, mais sa directrice de cabinet a confirmé une hospitalisation à Marseille.

« Il n’y a pas d’éléments en faveur d’une ⁠circulation diffuse ‌du virus sur le territoire national », a souligné la ministre. Les 27 cas comptabilisés, dont des enfants, sont « exclusivement » les seuls à ⁠ce jour à l’échelle de la France, a-t-elle insisté.

La souche andine – rare – de la famille des hantavirus (transmis principalement par ​les rongeurs) se distingue ​par une transmission interhumaine lors de contacts étroits et prolongés. Après une incubation d’une à 6 semaines, la maladie débute par des symptômes de type grippal (fièvre, fatigue, douleurs ​musculaires : phase prodromique) et peut évoluer vers une atteinte respiratoire sévère ou rénale. Des malades peuvent toutefois présenter une sérologie positive sans symptômes.

Le risque de mortalité est de 30 à 50% des cas infectés, selon les données ‌scientifiques.

La maladie a été identifiée en ​1995 en Argentine et l’observation d’un petit nombre de « clusters » de la souche andine, dont une fête d’anniversaire en 2018 (100 personnes, 34 invités contaminés, 11 morts), nourrit les connaissances ​actuelles.

Les scientifiques sont dans l’attente « dans quelques jours » du séquençage complet du virus du MV Hondius – une procédure a lieu à Zurich, l’autre à l’institut Pasteur à Paris. Selon les premiers éléments, rien n’étaye l’hypothèse d’un variant de l’hantavirus Andes, selon le virologue Olivier Schwartz (Pasteur).

Il n’existe pas de traitement spécifique à ce jour contre cette souche.

Les autorités françaises vont évaluer, avec les réserves réglementaires d’usage qui prennent du temps, l’antiviral japonais Favipiravir, a indiqué le professeur Yazdan Yazdanpanah (Bichat). « Il n’y a pas de vaccin très avancé », a-t-il ajouté, et un candidat anticorps monoclonal est à l’étude à l’institut ⁠Pasteur.

S’appuyant sur l’expérience argentine, Xavier Lescure a relevé que des précautions de base, telles que quarantaine et port de masques FFP2, arrêtaient « très vite » les petits foyers épidémiques. « Ce n’est pas un virus qui va circuler, qui va galoper », a-t-il dit.

Une fois le séquençage du génome intégralement ​achevé et l’hypothèse d’un variant du virus andin historique écartée, « on pourra dégrader » les actuelles mesures de ​précaution « maximalistes », a-t-il estimé.

(Rédigé par Sophie Louet, édité par Bertrand Boucey)

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